Deux journées sans commerce : Le Shérif du GOHA s’explique

À l’appel du Groupe Organisé des Hommes d’Affaires (GOHA), commerçants et marchands ont fermé leurs commerces les mercredi 14 et jeudi 15 mars 2018 pour protester contre l’insécurité grimpante dans le bled. Les activités commerciales ont été ainsi paralysées sur toute l’étendue du territoire national.

Le président du GOHA, Cherif Mohamed Abdallah, dans un entretien accordé à lelynx.net s’est réjoui de la réussite de l’opération. Selon lui  les commerçants ont respecté à 100% le mot d’ordre. « Ces deux journées sans commerce, c’est d’abord soutenir El hadj Doura Bindi, kidnappé depuis un bon moment dont on est toujours sans nouvelle ; ensuite l’assassinat de Mr Badra Diaby, dont on ne connait pas la suite ; les opérateurs économiques victimes de pillages jusque là non dédommagés et l’insécurité qui règne dans le pays. Aucun commerçant n’a l’assurance aujourd’hui qu’il est protégé. Et enfin, vu tous les problèmes que nous avons à travers le pays, il faut absolument que cela change. C’est pourquoi nous avons décidé d’organiser ces deux journées sans commerce sur toute l’étendue du territoire national » explique-t-il.

Le GOHA, à travers ces journées sans commerce, interpelle les autorités sur l’insécurité à laquelle le bled mais plus particulièrement leur secteur est confronté. Pour Cherif Abdallah, c’est vraiment une première dans le pays. « Nous avons reçu la confirmation de plusieurs villes et de l’intérieur et toutes les communes de la capitale, tout nettement verrouillé. C’est vraiment une première, sinon il y a de ces marchés qui ne respectaient pas le mot d’ordre.  Mais cette fois ci, de Conakry à Coyah, en passant par Kindia, Mamou, Forécariah, Pamelap, le mot d’ordre a été suivi. A Koundara, Boké, Kamsar Fria, Labé, Pita Dalaba tous les commerces sont restés fermés. Une grande partie de la Guinée Forestière et de la Haute Guinée a suivi parce que l’information n’était pas effective raison pour laquelle le mot d’ordre n’a pas été suivi à 100% dans ces zones » déplore-t-il.

Le GOHA, à travers son président, menace de déclencher d’autres activités d'envergure si l’Etat Guinéen ne prend pas les dispositions nécessaires. « Nous attendons la réaction des autorités, si elles ne disent rien pour le dédommagement des opérateurs victimes de pillages et ne n’assurent pas notre sécurité, nous allons ordonner la fermeture de tous les commerces durant plusieurs jours, voir même des mois dans tout le pays ».

Parlant du dédommagement des victimes de pillages, Cherif Abdallah affirme que mises à part des promesses, l’Etat n’a jusque là rien fait de concret. Ce qui les révolte d’ailleurs, car selon lui, dans les accords politique de 2016, il était convenu que les victimes soient dédommagées. Sauf qu'aucun responsable n’en parle. Le Shérif du GOHA affirme qu’ils n’accepteront plus la patience. « Trop c’est trop ».

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Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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