La colère de Tierno Monenembo : L’État honteux

La colère de Tierno Monenembo : L’État honteux

« L’existence commence là où nous savons dire non. »
Sony Labou Tansi

Ce titre emprunté à mon défunt ami, l’écrivain congolais, Sony Labou Tansi, illustre parfaitement la nature du sinistre pouvoir qui nous gouverne en ce moment : un régime immoral, un gouvernement de délinquants qui pille nos richesses, qui tue nos enfants, qui étouffe nos libertés. L’Etat honteux, en somme ! Un Etat vulgaire qui n’a honte de rien ni de personne ! Un Etat qui par sa violence et ses grossièretés, s’est mis lui-même au ban de la communauté internationale.

Par définition, un Etat est un ensemble de règles qui s’imposent à chacun et à tous et d’abord à ceux qui sont chargés de les appliquer. La grandeur d’un homme réside dans son éducation, c’est-à-dire dans sa prédisposition à respecter de lui-même les principes qui régissent la vie en société. La grandeur d’un homme d’Etat se mesure au respect scrupuleux qu’il accorde à son peuple et aux institutions qu’incarne, celui-ci. Hélas, tous les hommes d’Etat n’ont pas la même éducation. Tous les hommes d’Etat ne sont pas de la même trempe, de la même hauteur.

Ah non, n’est pas Mandela, qui veut !

En dix ans de pouvoir illégitime et calamiteux, Alpha Condé nous a montré son véritable visage, celui d’un individu cruel et mesquin, prêt à tout pour préserver ses sordides intérêts. Au début des années 70, j’ai croisé par hasard ce démagogue professionnel, ce marchand d’illusions dans les travées de la FEANF (Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France). Ah, l’anti-impérialiste, que c’était ! Ah l’anti-colonialiste ! L’anti-tribaliste ! Ah, le chantre de la démocratie et des droits de l’Homme ! Qui pouvait imaginer que ce leader estudiantin qui se disait progressiste et panafricain allait devenir ce crypto-tribaliste, ce pantin ridicule de la Françafrique qu’il a si longtemps vouée aux gémonies ! Qui pouvait imaginer le projet criminel que cachait ce mec : diviser les Guinéens au risque de transformer le pays en un nouveau Rwanda, fourguer notre or, notre bauxite et notre fer aux pires ennemis de l’Afrique.

Voici un mec qui à 85 ans, tripatouille sans vergogne nos institutions, divise nos ethnies, nos régions et nos religions ! A ce jour, pas de Haute cour de Justice ! A ce jour, pas de municipalités normalement instituées ! Pas d’élections législatives régulières !

Pour pouvoir s’octroyer une présidence à vie, ce satrape a couplé les élections légitimes que les Guinées attendaient depuis deux ans et un référendum de pacotille. Sur la base d’une liste électorale qui pue et que toutes les organisations internationales ont vomis.  Cela n’a pas empêché ce mec sans vergogne de publier les résultats à la Kim-Il-Sung qui lui offrent les 2 /3 d’une assemblée nationale de brigands.

L’Etat Alpha Condé, c’est l’Etat honteux mais c’est aussi et surtout l’Etat sauvage, le plus sauvage d’Afrique de l’Ouest, pire même que la dynastie Eyadema.
Mon dieu, pourquoi as-tu fourgué à l’Afrique, cette stupide, cette vassale, cette désespérante élite nègre ?

Tierno Monénembo

Dernière modification lemercredi, 08 avril 2020 14:26
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A propos

Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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