Manif du FNDC à Matoto : Les écoles, majoritairement closes

Les parents d’élèves ont-ils entendu l’appel du syndicaleux « rebelle » Aboubacar Soumah, en gardant leurs enfants à la maison ? Ce 14 octobre, dans la commune de Matoto, les portes de plusieurs écoles publiques et privées sont restées closes, malgré le communiqué du ministre de l’Education nationale et de l’alphabétisation, Mory(ère) Sangaré, appelant toutes les structures à œuvrer pour la poursuite des cours. Même l’école primaire publique Abraham Lincoln, contiguë à la Direction communale de l’éducation de Matoto est desserte. On n’y a aperçu aucun écolier, seuls quelques encadreurs installés à un bureau, sous l’ombre, causaient. Idem à l’école primaire publique Simbaya 1. Le groupe scolaire Sophiapole et ceux d’Aboubacar Titi Camara et de Fanta Condé, c’est un silence lourd qui y règne. Par contre, au lycée Léopold Sédard Senghor de Yimbaya, ce sont cinq élèves qui s’y sont rendus, mais plusieurs professeurs étaient massés sur la véranda de la direction, sans pouvoir donner cours. Le censeur, Mamady Keita, a expliqué que « nous ne sommes pas en grève, s’il y a un avis de grève, moi je ne sais pas. Je sais qu’aujourd’hui est un jour ouvrable. Mais certains ont été empêchés par manque de moyen de déplacement, car il n’y a pas de circulation sur les grandes artères de la ville. »

Ibrahima Diaby, 12e année sciences mathématiques, était le seul élève qui est resté, en train de lire un petit livre. « Le samedi, notre professeur nous avait dit qu’il y a cours aujourd’hui, les élèves ont répliqué qu’il n'y en aura pas. Même ma famille me disait ce matin qu’il n’y aura pas cours, mais moi je tenais à venir à l’école pour suivre le programme. J’ai rencontré mon professeur de maths ce matin et il m’a dit que je suis le seul élève de ma classe présent ce matin. Après, quelques autres élèves m’ont trouvé ici, mais ils sont repartis. Mais je suis resté parce que si je rentre tout de suite à la maison, je n’aurai pas le temps de lire. Donc, je préfère profiter un moment pour me documenter », a-t-expliqué.

De l’autre côté, au collège Yaguine et Fodé de Yimbaya, des cours sont dispensés dans quatre salles, parmi les vingt-quatre. Aucun responsable n’a souhaité répondre à nos interrogations.

Yaya Doumbouya

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Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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