Des communicants du RPG extirpés du fichier du corps enseignant : « La peur s’installe déjà chez certains dirigeants » martèle le porte-voix du SLECG

Alors que le SLECG et le goubernement s’apprêtent à ‘’épurer’’ le fichier du corps enseignant conformément au protocole d’accord du 10 janvier dernier, l’affectation dans différents départements ministériels d’une cinquantaine de jeunes fait scandale ces derniers jours. Dans ce mouvement, plusieurs noms sont connus pour être des gros ‘’grognons’’ du parti au pouvoir, le RPG arc-en-ciel. Mais la grosse polémique est née du fait que la plupart de ces jeunes sont admis (sans être soumis à un test) à la Ponction publique comme enseignants de leur Etat. Une façon de se soustraire du recensement annoncé des bouffe-la-craie ? Selon le porte-voix du SLECG, cette manœuvre montre que les gens-saignants sont envahis par des fictifs « C’est une satisfaction pour nous. Cela montre à suffisance que le fichier est gangrené par des fictifs. Heureusement qu’ils ont été orientés vers d’autres départements. Cela nous permet de faire une économie dans la mesure où ils ne vont plus bénéficier des avantages de l’exercice de la profession (primes de craie, de préparation, de transport…) »

Malgré le retard accusé dans l’application du protocole d’accord, Mohamed Bangoura réaffirme la détermination du SLECG à maintenir la pression sur le goubernement pour que le processus aboutisse : « Le peuple de Guinée a été trompé depuis longtemps. On nous faisait croire que le pays comptait plus de 40 000 enseignants, alors que le toilettage fait par le ministre Conseiller à l’Education (Dr Bano Barry, ndlr) montre plus de 11 000 enseignants fictifs. Et si 54 sont déjà extirpés du fichier, c’est juste vous dire que la volonté du SLECG et le travail de l’ensemble des enseignants ont porté fruit. Il y a la peur qui s’installe déjà chez certains dirigeants. Mais quoi qu’il arrive le gouvernement ne nous driblera pas parce qu’il est lui-même conscient de l’existence de ces fictifs ».

Si quelques uns des 13 points du protocole ont été satisfaits (réhabilitation des DPE, DCE suspendus pour faute lourde, de chefs d’établissements mutés ou remplacés pour fait de grève, le dégel des salaires), beaucoup d’autres restent encore à mettre en application. C’est notamment le paiement des 40% aux enseignants qui ont fait valoir leur droit à la retraite, la réhabilitation des bouffe-la-craie de l’université de Kindia, Yéro Ta-baldé s’y opposerait fermement. Mais surtout l’épuration tant attendue du fichier du corps enseignant pour sortir les fictifs et permettre aux bouffe-la-craie d’augmenter leur salaire de base. En attendant, fictifs et autres communicants du RPG arc-en-ciel peuvent continuer tranquillement leur balade et toucher leur salaire à la fin de chaque mois, au détriment des vrais gens-saignants.

Yacine Diallo

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Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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