Insalubrité dans les marchés : Les nounous et les ordures

Malgré la détermination du goubernement à rendre Cona-Cris propre, le chemin à parcourir demeure long. Pour gagner de quoi vivre et faire vivre leurs familles, certaines nounous de la capitale sont obligées de cohabiter avec les ordures dans les marchés de Con-Cris. Très tôt le matin, elles se lèvent pour aller revendre leurs marchandises. Elles mangent et font tout auprès des ordures. Chose qui affecte sérieusement leur santé aussi bien en saison sèche, qu’en période des pluies. Contraintes d’y vivre pour avoir de quoi subvenir à leurs besoins, ces nounous sont exposées à une humidité dont elles ne se soucient guère des risques.

Dr Biba, chef du centre de santé de Yimbaya, dans la commune de Matoto, affirme que la boue engendre des maladies infectieuses : « la boue constitue un facteur de contamination de certaines maladies infectieuses au niveau des aliments étalés dans nos marchés. La couche la plus exposée est celle des femmes parce que c’est elle qui passe tout le temps dans les marchés ». Selon elle, ce sont certaines parties du corps qui sont les plus exposées : « Certaines parties du corps sont directement en contact avec le sol mais aussi les mouches se pose sur les ordures puis reviennent se poser sur les aliments. Elles sont éventuellement exposées au paludisme dû à la piqure de lanophèle et à la fièvre typhoïde », précise-t-elle.

Mabinty Traoré, vendeuse de manioc et de patate tire la sonnette d'alarme "regarder dans quelle boue nous vivons. Nous sommes obligés de nous asseoir ici pour vendre malgré l'odeur, la boue et les ordures, sinon on n'aura pas de quoi vivre. A chaque jour qui passe l'Etat promet d'assainir les marchés mais c'est juste des paroles en l'air nous souffrons énormement. En s'asseyant ici c'est  notre santé qui est ménacée mais on n'a pas le choix. Nous demandons encore et encore plus d'aide de la part des autorités sinon on risque de mourrir à petit feu".

Dr Biba invite le goubernement à s’impliquer davantage pour assainir les marchés publics, car dit-elle « la santé de tous en dépend ». « Il faudrait que nos marchés soient assainis et bien aménagés si on veut être en bonne santé. Toutes nos denrées proviennent du marché et sont exposés à même le sol. Donc, si ces lieux ne sont pas propres comment allons-nous avoir une bonne santé » s’interroge-t-elle, avant de demander à l’Etat de rendre ces espaces propres et spacieux. Elle suggère également aux nounous d’assainir leurs lieux de négoce au lieu d’attendre toujours l’intervention des services de nettoyage.

A noter que ce samedi 1er septembre, un nettoyage est prévu par le goubernement dans toute la capitale guinée-haine.

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A propos

Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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