Audit à l’Office guinéen de publicité : Voici les détails du rapport

Audit à l’Office guinéen de publicité : Voici les détails du rapport

Débarqué la semaine passée, Paul Moussa Diawara a dirigé l’OGP (office guinéen de publicité) depuis 2015. Un audit accuse Paul d’avoir fait disparaitre 14 milliards 840 millions et poussières, et versé indument quelques 10 milliards et poussières à des proches.

Kain Magass, l’expert-comptable qui a dirigé l’audit a épluché les dépenses de l’OGP, salaires et primes, impôts, taxes, cotisations, loyers, fonctionnement, carburants, frais de missions, acquisition d’équipements et investissements. L’auditeur a écarté certaines dépenses dites non justifiées. Selon les termes du rapport, ces décaissements ont été effectués sans aucune indication sur l’objet. Pire, « après deux mois d’attente, la société n’a pas été en mesure de nous donner plus d’information précise. Les documents justificatifs ne répondent pas aux critères comptables et au code de marché publics ». C’est l’ensemble de ces dépenses non prises en compte par l’auditeur qui constituent ce trou de 14 milliards 840 millions 643 mille 891 francs glisssants. Montant que l’auditeur demande à Paul de rembourser à l’OGP.

L’OGP dit aussi avoir payé des honoraires d’assistance comptable, fiscale et de formation avec le cabinet Horizon International Consulting. Le hic c'est que l’analyse des paiements effectués a révélé des montants payés à Horizon international, HIC et Partenaires, First global services, Ousmane Savané, Ibrahima Kalil Kourouma, Mamady Nabé, Ibrahima Kaba. Du 4 mars 2015 au 23 mars 2017, l’OGP a versé à ces bénéficiaires 3 milliards 301 millions.

Même que l’OGP a organisé des formations à l’intention de son personnel entre mars 2015 et septembre 2016 pour un total de 3 milliards 566 millions 432 mille. Selon l’auditeur, le nombre de participants indiqués dépasse largement l’effectif réel de la société et aucune preuve n’a été fournie sur la réalité des formations. En ce qui concerne Horizon international consulting, elle a reçu 907 millions 225 mille 350 francs glissants au titre des formations du personnel. Cinq des sept contrats signés avec ce cabinet ne sont pas datés et ne comportent pas de montant du marché. Selon l’auditeur, les prestations d’assistance fiscale, d’élaboration du manuel des procédures et du commissariat aux comptes sont des missions « incompatibles suivant les règles déontologiques de l’ordre des experts comptables de Guinée. Elles ne peuvent pas être effectuées par l’entité en charge du commissariat aux comptes pour des raisons de conflits d’intérêts et d’indépendance ». Encore que cette société n’est pas agréée pour la certification des comptes, dit-on. Et l’octroi des contrats pour 3 milliards sans appel d’offre est contraire au code des marchés publics. Aussi le coût des prestations réelles de la tenue de la comptabilité et la certification même non-agréé ne devrait pas dépasser 300 millions. Donc cette société devrait « rembourser à l’OGP les surfacturations de 3 milliards additionnels.

Honoraires d’huissiers exorbitants

L’audit dit avoir constaté des paiements directs à maitre Fodé Mamoudou Yansané pour 3 milliards 634 millions 026 mille 304 francs glissants. Dans les factures trouvées sur place, les honoraires de l’huissier et de l’avocat sont calculés sur la base de 12% et 5% des montants recouvrés. « Si nous extrapolons ces frais par rapports aux montants recouvrés, nous trouvons 21 milliards 376 millions, soit 102% du chiffre d’affaire de la société en 2016. Ce qui signifie que tout le chiffre d’affaire a été encaissé par voie contentieuse et qu’aucun client n’a procédé au paiement normal. Ce qui est invraisemblable ». Même que dans le montant recouvré par l’huissier Me Yansané de 14 milliards, 53 millions 897 mille 670, seulement 600 millions ont été retrouvés dans les comptes de l’OGP. En tout cas au moment où le Magass pondait son rapport.

En plus de frais de recouvrement de l’huissier et de l’avocat, l’auditeur dit avoir constaté des paiements additionnels de 3 milliards et poussières dirigés par Jean Ouendouno. Le total des montants décaissés à ce titre s’élève à 28 milliards 031 millions, montant supérieur à celui de l’huissier. Les deux cumulés fait 49 milliards de recouvrement, alors que le total du chiffre d’affaire des deux dernières années n’est que 27 milliards. « C’est inacceptable ». Les 3 milliards, 363 millions ont été payé à Jean Ouendouno, Amara Camara, Mohamed Hady Cissé, Djély Mady Cissocko Inza Bayo, Ousmane Camara et un retrait en espèces. Selon l’auditeur, il s’agit purement et simplement des décaissements sans justifications qui doivent immédiatement être restitués à la société.

Frais de mission

Pour justifier certaines dépenses, la société a fourni des pièces récapitulatives pour un montant global de 17 milliards 70 millions 735 mille au titre de voyage, en Afrique, Europe, Amérique, Asie dans différents pays. Le total fait 2 milliards 400 millions. L’auditeur dit n’avoir pas obtenu de justificatifs probants sur ces voyages : visas, billets d’avions, tampons sur les passeports, achat de devises etc. Il conclut qu’il a eu probablement des voyages, mais ce modèle a été utilisé (232 tires de voyages) pour préparer des documents, qui jusqu’à preuve du contraire sont faux, pour 17 milliards par une société de cette taille. Les frais de missions en Guinée de février 2015 à décembre 2016 est de 2 milliards 648 millions 120 mille. Le recoupement avec la liste et le planning des voyages à l’étranger indique des doublons. Il s’agit de Sékou Camara, Pepe Haba et Jean Ouendouno qui se seraient retrouvés respectivement en Malaisie, au Canada et au Maroc en même temps.

En résumé, le montant non validé par l’audit est de 24 milliards 838 millions 381 mille 807 francs répartis comme suit : honoraires comptables et assistance 3 milliards ; Honoraires huissiers et avocats 3 milliards 617 millions, 934 mille, 304 francs ; Ristournes commission de recouvrement 3 milliards, 379 millions, 803 milles, 612 francs ; Sans information 14 milliards 840 millions, 643 mille 891 francs. 

Les recettes à recouvrer pour 14 milliards 337 millions 681 mille, 387 francs dont 13 milliards 931 millions, 897 mille 670 francs auprès de l’huissier et 405 millions 783 mille 717 francs auprès du cabinet Eventus.

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Retour en haut

A propos

Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

Sections

Archives

« Août 2018 »
Lun Mar Mer Jeu Mer Sam Dim
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31