Politique

Crise politique : L’opposition reprend la rue dès jeudi

Ce vendredi 13 juillet, l’opposition respire-lacrymogène s’est réuni en urgence au QG de l’UFDG. Comme toujours. Ils ont évalué l’application du désaccord du 12 octobre 2016, comme avait promis le Prési Alpha Grimpeur. Un seul point satisfait. Le vote à l’assemblée la semaine dernière de la loi sur la CENI. L’opposition avait donné une semaine au goubernement pour régler l’affaire. L’ultimatum n’a rien donné. Il n’a pas bougé d’un iota. Alors c’est la fin de la trêve. A la fin de la réunion, La Petite Cellule Dalein Diallo a annoncé la reprise des manifestations pacifiques dès le jeudi 19 juillet. Cette marche partira de la Tannerie à l’esplanade du stade du 28 septembre via Kénien et Bellevue. Juste deux jours après la marche projetée par les Farces sociales de Guinée.

Depuis la rencontre entre La Petite Cellule et le Prési Alpha Grimpeur, l’opposition respire-lacrymogène estime que le désaccord du 12 octobre. L’opposition continue de réclamer les ‘’vrais résultats’’ des élections communales. Alors que le contentieux perdure, le ministre de l’Administration menace d’installer les élus. L’opposition promet de s’y opposer. Si la loi sur la CENI a été votée par l’Assemblée, l’audite et l’assainissement du fichier électoral se fait attendre. La mise en place d’une assistance financière pour dédommager les victimes de pillages et ceux qui ont perdu des proches ? rien. « Il n’y a pas eu de progrès », dit La Petite Cellule. Pendant ce temps, « on continue de faire l’objet de harcèlement judiciaire : Ibrahima Sory Camara, nos militants de Kalinko, de Linsan etc… sont toujours en prison ». Cette frustration accumulée précipite l’opposition dans la rue. Elle commence son speech jeudi, si d’ici là, rien n’est fait, conclut le chef de pile de l’opposition.

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Assemblée nationale : Les dépités adoptent la nouvelle loi CENILE

Les dépités clôturent la session des lois, ce jeudi 5 juillet à l’hémicycle rectangulaire. Mais avant, les parle-menteurs ont été invités à se prononcer sur la nouvelle loi sur la CENILE, l'organe chargé du machin électoral dans le bled. Une proposition de loi programmée in-extremis par le bureau de l'Assemblée nationale. Son examen a d'ailleurs failli être reporté à une session extraordinaire au mois d'août prochain. Mais sous la pression des dépités de l'opposition respire-lacrymogène, les trois groupes parlementaires majoritaires à l'hémicycle (la majorité pestilentielle, les libéraux-démocrates et l'Alliance des républicains) ont fini par trouver une mouture qui amende la loi L016 portant sur la CENILE à soumettre à l'appréciation des "élus". Après un court débat, l'essentiel du travail étant fait en inter-commissions, dit-on, ces derniers ont adopté le texte à la majorité.

Dans le nouveau texte, le nombre de commissaires a été réduit de 25 à 17. Sept commissaires pour la mouvance, sept pour l'opposition, deux pour la société civile et un pour l'administration. Il est également mentionné que la mouvance et l'opposition doivent chacune être représenté par au moins 3 formations politiques. Et les partis politiques habilités à désigner des commissaires doivent avoir participé aux deux dernières élections nationales (législatives et présidentielle), et avoir aux moins deux députés. Certains dépités ont trouvé à redire. Alpha Ibrahima Sila Bah, dépité non inscrit, qui a voté contre la loi accuse la mouvance et l'opposition de copinage pour confisquer une institution constitutionnelle : « Cette loi est une loi scélérate. C'est un torchon qu'on nous a soumis ici. Il s'agit d'un arrangement entre copains pour prendre en otage une institution républicaine sur la base de deux élections nationales particulières avec comme conséquences la bipolarisation du pays, l'élimination des autres formations politiques et la régionalisation. Il y'a une violation du principe constitutionnel d'égalité entre les partis politiques. Vous faites honte à cette institution ». Nous ne sommes plus avec le parasitisme politique, réagit Oussou Gaoual Diallo. « On cesse d'être une vache laitière » explique de son côté Mariama Tata Bah des libéraux-démocrates. Malgré tout, la loi est passée comme lettre à la poste. Eh Oui !

Yacine Diallo

Assemblée nationale : Plusieurs textes de lois adoptés

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Echiquier politique : Bah Baadiko ausculte l’actualité

Le président de l’Union des Forces Démocratiques (UFD) se penche sur l’actualité politique du pays. Des élections communales dont les résultats peinent à être définitivement rendus à la composition de la nouvelle équipe gouvernementale, Baadiko Bah fait son diagnostic.

Lors d’une conférence de stresse, le jeudi 28 juin 2018, à Conakry, devant un parterre de journalistes le leader de l’UFD n’a pas fait de cadeau à son allié Alpha grimpeur. Pour commencer il a indiqué qu’au cours de ce premier semestre de l’année 2018, la Guinée a connu d’importants changements politiques, sinon de véritables bouleversements qui marqueront, à n’en pas douter, un nouveau tournant historique pour le pays. « Des élections communales différées depuis 2010 se sont enfin tenues le 4 février 2018. Les contestations et les violences qui les ont suivies dépassent et de loin, tout ce que nous avions connu dans le passé. Quatre mois après la proclamation officielle des résultats, les élus ne sont toujours pas installés », note l’homme politique dans une déclaration rendue publique à cet effet.

 Poursuivant, il a fait cas de la grève générale des enseignants qui a paralysé le système éducatif, avec ces manifestations massives de femmes en colère contre la misère, les conditions de vie insupportables et l’incurie des pouvoirs publics.

 « C’est dans ce contexte de tensions politiques et sociales extrêmes et de mécontentement généralisé que le président Alpha Condé a fait une déclaration fracassante devant les femmes réunies au Palais du peuple le 8 mars 2018, pour célébrer la fête Internationale des Femmes. Après déclaré avec force deux jours plus tard qu’il ne ferait jamais de remaniement ministériel sous la contrainte, il annonça des changements profonds dans l’équipe gouvernementale pour répondre aux revendications du peuple pour une vie meilleure ».

De la mise en place du goubernement

 Selon Baadiko Bah, l’annonce de la nouvelle équipe goubernementale a eu l’effet d’une douche froide pour tous ceux qui espéraient que le président de la République allait enfin tirer les leçons des échecs de sa politique en mettant en place une équipe crédible, capable de traduire les réformes tant attendues dans les faits, afin de faire prendre au pays un nouveau départ, après tant d’espoirs déçus.

 En 2010, le grimpeur avait dit et à plusieurs reprises qu’il ne travaillerait pas avec des anciens dignitaires du régime du général Lansana Conté. Mais Baadiko Bah constate aujourd’hui que le président de la République a été contraint de leur faire la part belle, avec plusieurs postes-clés. « Plus de la moitié des membres de l’équipe précédente sont reconduits. Mais le plus intéressant dans ces mouvements, c’est le repêchage de la majorité des anciens ministres non reconduits comme ministres-conseillers à la Présidence. C’est devenu presque une loi non écrite : pour leur fermer la bouche, les ministres limogés ont droit à un lot de consolation : ministres sans portefeuille, ministres flottants ou « ministres sans bureau. Toute une petite armée, pendant qu’on clame que l’Etat n’a pas assez de ressources pour faire face à ses obligations minimales vis-à-vis des populations », soutient l’opposant.

 De l’avis du conférencier, « le décret de nomination du gouvernement le 26 mai 2018 a donné lieu à un cafouillage honteux qui a jeté une lumière crue sur la situation dramatique dans laquelle le pays est tombé : aucun ministre de l’Elevage n’est nommé, alors que ce poste figure bien dans l’organigramme du gouvernement ». Pourtant nul n’ignore de ce département, sécurité alimentaire !

« On a appris par la suite que le pressenti avait catégoriquement refusé d’occuper un tel poste qui ne répond sans doute pas à ses ambitions. C’est un ‘‘petit ministère’’ dont le budget ne représente même pas 0.03% du budget national ! Quelques jours après, l’impétrant, selon ses exigences, était nommé en grande pompe au ministère de l’Environnement. Y a bon ce qui reste des forêts guinéennes avec nos amis Chinois et tous les prédateurs de toutes sortes! », s’exclame Baadiko.

Discours du PM à l’Assemblée Nationale : Jean Baptiste Williams et Cie déçus

Lors de la présentation de la lettre de Politique générale du goubernement, le 27 juin à l’hémicycle le Cas-Sorry a omis le secteur de la Culture et des Sports. Cela ne reste pas sans réactions. Certains justifient cela par le fait que le département n’a pas produit de notes techniques telles que demandé à tous les départements. Le vendredi 29 juin, Jean Baptiste Williams, le Directeur national de Culture, porte-parole du ministère des Sports, de la Culture et du Patrimoine historique, joint au téléphone s’est s’inscrit en faux contre cette assertion. « Je me porte en faux. Le conseiller chargé de la Culture a déposé en bonne et due forme les notes techniques. On fait partie des tout-premiers départements auxquels on a demandé. On ne peut pas désobéir à des instructions. Ceux qui le rapportent, se trompent sur toute la ligne ».

Pour lui, cette omission est vraiment déplorable « c’est complètement dommage ! Je ne voulais même pas me prononcer sur le sujet, parce que nous, on a fait notre travail. Entre nous et le Premier ministre, il y a le chef de département. C’est simplement désolant. Mais on a déposé, et à temps » Il ajoute « j’ai échangé au téléphone avec M. Mounir Camara, qui est l’un des conseillers du Premier ministre. Et j’étais dans le bureau du chef de Cabinet au moment où le conseiller chargé de la Culture faisait le dernier draft. On a revu ensemble et ça a été déposé. Je dois obéir à la discipline administrative. On a revu l’ancienne lettre de mission de l’ancien premier ministre. On a tiré tout ce qu’il y a de pertinent dans le plan d’actions à court, moyen et long termes » justifie-t-il.

Pour cet autre passionné de la culture et du sport, Thierno Saidou Diakité qui attendait avec impatience la présentation de la lettre de politique générale du goubernement il dit ne pas être surpris de cette omission « le problème, c’est que ce fait n’est pas nouveau. Mohamed Saïd Fofana avait fait la même omission. Moi, je pense que cela procède d’une approche que le gouvernement a vis-à-vis de ces deux secteurs, alors qu’il est établi maintenant que le sport et la culture sont des secteurs qui apportent d’importantes ressources financières et qui créent de nombreux emplois directs et indirects au même titre que les autres secteurs d’activités ». Il recommande tout de même « si on parle de la renaissance du pays, je pense qu’on doit intégrer obligatoirement ces deux secteurs dans le vaste programme de développement qu’on envisage à l’horizon 2020 et 2030 ».

Kadiatou Diallo

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A propos

Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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