Gouvernement Kassory : « C’est une équipe d’Alpha pour Alpha », réagit le député de l’UFDG, Fodé Bocar Marega

Depuis la composition du goubernement Don Kass, le week-end dernier, les réactions ne manquent pas au sein de la classe politique. Joint au téléphone, Fodé Bocar Marega, député de l’UFDG a affirmé que ce gouvernement a été constitué pour porter le message d’un troisième mandat, chose que l’opposition respire lacrymogène n’est pas prête à accepter.

Selon lui, « ce qui est dramatique dans ce gouvernement, c’est que la montagne a accouché d’une souris. 80% des personnages sont encore remis en selle. Si nous pensions que Kassory avait la main mise dans le gouvernement, nous nous rendons compte que c’est un gouvernement d'Alpha pour Alpha. Ils ont été tous constitués uniquement pour préparer son troisième mandat ». A l’en croire, c’est la « raison pour laquelle Alpha a ramené un fils de tortionnaire, Keira, dont le père passait son temps à torturer, exécuter les gens au camp Boiro, et qui aujourd’hui son fils se retrouve pour la deuxième fois au ministère de l’Intérieur. Quand on sait que c’est à cause de ceux-là qu’il y a eu la grève syndicale de 2006-2007, je trouve que l’histoire est un perpétuel recommencement. Et prenant exemple sur l’adage qui dit, qu’un peuple qui ne lit pas son histoire a tendance à la reproduire. Ils veulent massacrer, sinon comment un fils de massacreur et lui-même massacreur peut être ramené au ministère de la Sécurité ?», s’interroge-t-il. « C’est l’histoire qui veut ça, son père était un tortionnaire. Lui-même a été à la base de tous les troubles qui ont eu lieu en 2006-2007. Il a été renvoyé du gouvernement pour cela. Alors s’il revient à un moment où on est en train de régler le problème des syndicats, c’est encore triste ».

Parlant de la nomination du Moutard Diallo (NFD) et du Zagamor (UFC) ex porte-parole de l’opposition respire-lacrymogène, le député Fodé Bocar Marega rappelle que la vie est faite de conviction. Et qu’en politique, c’est un jeu d’intérêt. « Bien sûr qu’ils se sont battus pendant très longtemps pour faire progresser la démocratie, mais s’ils décident de rejoindre le gouvernement, nous pensons qu’en tant qu’élus sur la liste de l’UFDG, qu’ils auraient continué à conserver leur engagement avec l’UFDG ». A la question de savoir si l’UFDG se sent trahi, le député répond : « Cela ne nous étonne pas parce que cela a fait quelque temps que Moutard Diallo et Aboubacar Sylla ne participent pas à nos réunions. Ils ont quitté l’opposition. Ils vaquent à leurs propres occupations ». Marega précise qu’en politique on ne peut pas parler de trahison parce que ce sont des responsables de partis. « Ce que nous espérions avec eux est qu’ils puissent porter leur message à l’Assemblée nationale, vu qu’ils étaient dans l’incapacité d’avoir la possibilité d’y aller seuls mais on se rend compte que c’est un message personnel qu’ils voulaient livrer », déplore le député.

Pour Fodé Bocar Marega, la démission de ses anciens alliés est aussi un soulagement pour l’UFDG parce que « le fait d’avoir des gens qui sont avec vous mais qu’on ne peut pas enlever, et qui ne partage plus les mêmes idées que vous, qu’ils partent est une bonne chose dans la mesure où ils libèrent d'autres postes de députés qui vont revenir maintenant à des vrais députés de l’UFDG. Ce qui ne devrait pas être le cas s’ils étaient restés ».

« Cela nous soulage d’un côté, mais d’un autre, nous qui avons fait le pari de faire porter un message par des gens qui ne sont pas du parti et vont créer l’ouverture de l’UFDG aux différents partis, bien entendu que l’UFDG est un parti de partage, nous sommes tout de même déçus de leur décision. »

Le député estime que la nouvelle équipe dirigeante n’a d’autre mission que de promouvoir le troisième mandat : « On a conservé tous ceux qui sont capables sans état d’âme de porter ce message, ensuite on a remis en place les soucieux de répression les plus terribles, des personnes qui sont sans état d’âme et enfin on a mis en place le dosage ethnique qui sied à ce genre d’évènement. Le contexte dans lequel nous pensions que nous allons donner une chance à Kassory de rentrer dans un autre cycle n’a pas été donné donc nous comprenons que ce qui est le plus important aujourd’hui pour Alpha c’est le pouvoir. Ce gouvernement est fait uniquement à dessein ».

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A propos

Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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