Filtrer les éléments par date : août 2018

Insalubrité dans les marchés : Les nounous et les ordures

Malgré la détermination du goubernement à rendre Cona-Cris propre, le chemin à parcourir demeure long. Pour gagner de quoi vivre et faire vivre leurs familles, certaines nounous de la capitale sont obligées de cohabiter avec les ordures dans les marchés de Con-Cris. Très tôt le matin, elles se lèvent pour aller revendre leurs marchandises. Elles mangent et font tout auprès des ordures. Chose qui affecte sérieusement leur santé aussi bien en saison sèche, qu’en période des pluies. Contraintes d’y vivre pour avoir de quoi subvenir à leurs besoins, ces nounous sont exposées à une humidité dont elles ne se soucient guère des risques.

Dr Biba, chef du centre de santé de Yimbaya, dans la commune de Matoto, affirme que la boue engendre des maladies infectieuses : « la boue constitue un facteur de contamination de certaines maladies infectieuses au niveau des aliments étalés dans nos marchés. La couche la plus exposée est celle des femmes parce que c’est elle qui passe tout le temps dans les marchés ». Selon elle, ce sont certaines parties du corps qui sont les plus exposées : « Certaines parties du corps sont directement en contact avec le sol mais aussi les mouches se pose sur les ordures puis reviennent se poser sur les aliments. Elles sont éventuellement exposées au paludisme dû à la piqure de lanophèle et à la fièvre typhoïde », précise-t-elle.

Mabinty Traoré, vendeuse de manioc et de patate tire la sonnette d'alarme "regarder dans quelle boue nous vivons. Nous sommes obligés de nous asseoir ici pour vendre malgré l'odeur, la boue et les ordures, sinon on n'aura pas de quoi vivre. A chaque jour qui passe l'Etat promet d'assainir les marchés mais c'est juste des paroles en l'air nous souffrons énormement. En s'asseyant ici c'est  notre santé qui est ménacée mais on n'a pas le choix. Nous demandons encore et encore plus d'aide de la part des autorités sinon on risque de mourrir à petit feu".

Dr Biba invite le goubernement à s’impliquer davantage pour assainir les marchés publics, car dit-elle « la santé de tous en dépend ». « Il faudrait que nos marchés soient assainis et bien aménagés si on veut être en bonne santé. Toutes nos denrées proviennent du marché et sont exposés à même le sol. Donc, si ces lieux ne sont pas propres comment allons-nous avoir une bonne santé » s’interroge-t-elle, avant de demander à l’Etat de rendre ces espaces propres et spacieux. Elle suggère également aux nounous d’assainir leurs lieux de négoce au lieu d’attendre toujours l’intervention des services de nettoyage.

A noter que ce samedi 1er septembre, un nettoyage est prévu par le goubernement dans toute la capitale guinée-haine.

En savoir plus...

Kaloum : Un accident fait un blessé grave

  • Publié dans Une
En savoir plus...

Siguiri : La SAG, en crève !

Ça grogne à la Société Aurifère de Guinée. Les travailleurs de la SAG ont décidé de se mettre en grève ce mardi 28 août 2018, une semaine après avoir déposé leur préavis de crève.

En savoir plus...

Avis de recrutement : Assistant programme VNU (PNUD)

  • Publié dans News
En savoir plus...

Guinée/Cote d’Ivoire : Pays miniers, communautés mine serrée (Enquête)

Changement de régimes, de gouvernements, de code minier pour faire profiter leurs ressources minières aux populations. Des comités dits de développement et des fonds ont été créés. En 2017, la Guinée en exemple a augmenté sa production bauxitique de près de 40 %, selon la Banque Mondiale. Ce qui la propulse au 3è rang des producteurs mondiaux de bauxite devant le Brésil, derrière la Chine et l’Australie. A côté du cacao, la Côte d’Ivoire mise aussi sur les mines : Or, manganèse, nickel. Les miniers sont heureux, les populations, elles, se plaignent. Continuellement. L’impact économique et social sur la vie des communautés n’a pas fait bouger grand-chose. Comité de développement local minier (CDLM) en Côte d’ivoire et Comité préfectoral de développement en Guinée visent le même objectif : l’épanouissement des communautés impactées par l’exploitation minière. En Guinée, ces comités ont été mis en place à Siguiri, Kindia, Boké. A Siguiri, chaque commune rurale tient son assemblée et définit ses projets par priorités (santé, éducation, femmes, jeunesse), estime le coût (pas plus d’un milliard de francs guinéens) », selon M. Lamine Condé, ingénieur-conseil CPD de Siguiri. Mais depuis 2015, le comité n’a pas perçu un centime : « Quand l’Etat a mis en place les délégations spéciales (maires nommés pour remplacer les élus aux mandats échus, le temps d’élire des nouveaux) les sociétés ont gelé les fonds ». Alors que les élections ont été organisées depuis février, les conseils communaux se font toujours attendre. Dr Alpha Abdoulaye Diallo, membre du comité de pilotage de l’ITIE-Guinée fustige : « Le retard de la mise en place des conseils communaux est préjudiciable au développement local ».

A Kindia, le comité ne fonctionne pas réellement. « Il se réunit quand la Compagnie des Bauxites de Kindia verse l’argent. En août dernier, la CBK a versé quelque trois milliards de francs », souligne M. Sanoh, directeur exécutif de l’Ong Ceguiped (Centre guinéen de formation, de l’éducation pour le développement). Là encore, le montant au compte de l’année 2017 n’a pas encore été payé. A Boké, (la préfecture qui contribue à hauteur de 65% des revenus miniers de la Guinée), le CPD existe depuis trois ans, selon M. Souaré de la société civile, mais sur le terrain, « les autorités disent qu’elles ont un pouvoir de consultation et de suivi, pas de décision ». Dans les deux pays, les communautés s’apitoient. Pierre Kouamé, président des jeunes du village d’Agbaou (Côte d’Ivoire) et porte-parole des cinq villages impactés par l’exploitation de l’or fustige : « Les CDLM ne défendent pas les intérêts des populations qui doivent elles-mêmes se défendre. Ils s’intéressent plutôt aux affaires de développement avec les miniers. Nous sommes livrés à notre propre sort ».

Impact mitigé

En Guinée, si les populations ne se plaignent pas des CPD, l’impact espéré est loin des attentes. M. Souaré de la société civile de Boké s’indigne : « A comparer avec la destruction de l’environnement, des rivières et autres, c’est insignifiant !» À Kindia, M. Dora Sanoh estime qu’il est difficile de parler d’impact. « Ce n’est pas visible ». Dr Alpha Abdoulaye Diallo, lui, est formel : « Si vous voulez toucher du doigt la pauvreté en Guinée, allez dans les zones minières. Les communautés impactées ne bénéficient pas de l’exploitation minière, contrairement à ce que le Code minier a prévu ».

Des fonds

Il y en a dans les deux pays. Tous au fond du trou. En Côte d’ivoire, l’article 144 du Code minier demande aux sociétés minières d’ouvrir un compte séquestre de « réhabilitation de l'environnement » pour couvrir les coûts relatifs au plan de réhabilitation de l'environnement en fin d'exploitation. En Guinée, il y a le fonds fiduciaire, celui d’investissement minier et de développement économique local. Seul ce dernier est sur le point d’être opérationnel. Le Fodel, comme il est nommé, vise à promouvoir le développement des collectivités locales abritant les sites miniers et les collectivités voisines. Amadou Bah, directeur exécutif de l’Ong Action Mines Guinée, précise que le FODEL est géré par le Comité technique d’appui à la gestion du fonds, (CAGF). « Les CPD donnent des conseils d’orientations par rapport à l’utilisation des montants versés aux collectivités ». Du reste des fonds, ce sont « des initiatives qui existent dans le Code minier qui ne connaissent pas un début de mise en œuvre », précise Moussa Iboun Conté, journaliste, membre de la coalition « Publiez ce que vous payez », PCVP-Guinée. Le Fodel lui-même suscite des interrogations. Même si ses textes d’application sont en cours d’élaboration, M. Conté se demande si le gouvernement fera le rappel de ces 15 % de 2011 à nos jours. A en juger par les plaintes dans les deux pays, l’on se rend compte que les textes, bien que différents, offrent tous un bien meilleur cadre juridique et institutionnel et protègent les intérêts des communautés. Le problème, c’est l’application. Au ministère des Mines en Guinée, silence et rideau. En attendant que les communautés se taisent, peut-être.

O u m a r T é l y D i a l l o

Cet article a été produit par Le Lynx et rédigé dans le cadre d’un programme de développement des compétences médias dirigé par la Fondation Thomson Reuters. Le programme est financé par le Ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement (BMZ) et exécuté par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH. Le Ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement (BMZ) et la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH ne sont pas responsables des contenus publiés, ceux-ci relevant exclusivement de la responsabilité des éditeurs.

  • Publié dans Une
En savoir plus...

Page noire : Tomou Nougo Doré tire sa révérence

En savoir plus...

Bomboli : Deux adolescents renversés par un pick-up de la CMIS

L’indiscipline et la mauvaise conduite ne cessent d’endeuiller des familles à Cona-cris. Kadiatou âgée de treize ans et El hadj Oury Bah âgé d’environ 6 ans ont été renversés le mercredi 22 août 2018 au quartier Bomboli, commune de Ratoma. Un pick-up de la compagnie mobile d’intervention et de sécurité (CMIS) numéro 4 serait l’auteur selon la famille des victimes. Les agents ne se sont pas arrêtés après avoir écrasé les deux gosses alors qu’ils roulaient en sens interdit. « C’est aux environs de 18 heures que les deux enfants ont quitté Cosa. Ils sont passés par Bomboly pour retrouver leur grande sœur. Cette dernière les aidait à trouver un taxi moto pour qu’ils puissent rentrer en famille à Dar- es Salam. Soudainement, est apparu un pick-up de la CMIS roulant à tombeau ouvert dans le sens contraire. Il les a reversés, sur place ils sont décédés » a expliqué dame Aïssatou, la grand-mère du petit en sanglotant. Ne sachant pas à quel saint se vouer, les parents des victimes s’en remettent à la volonté Divine. Pour le moment aucune plainte n’est en vue.

Ansoumane Baffoé nie les faits

Constaté par le site Africaguinée.com, le contrôleur général des unités d’intervention de la police, a démenti l’information. Selon Ansoumane Camara Baffoé, aucun pick-up de la compagnie mobile d’intervention et de sécurité numéro 4 n’a quitté sa base ce jour. « Nous avons appris cette nouvelle dans les médias ce matin. Ainsi, mes services se sont rapprochés du Commandant du service mis en cause CMIS 4, et ils m’ont confirmé qu’aucun de leurs pick-up n’a bougé ce jour. Je voudrais quand même apporter une précision, si quelqu’un voit mal les écritures comme CC 4 (Commissariat Central) ou CMIS 4, (Compagnie mobile d’intervention et de sécurité,) il peut confondre les services et en tirer une conclusion hâtive. Pour le moment, honnêtement, je ne peux pas vous en dire plus », a expliqué le contrôleur général des Unités d’Intervention de la Police à un reporter du site.

Pourtant, plusieurs témoins de la scène soutiennent que l’accident qui a coûté la vie à ces mineurs a été causé par un pick-up de la police. Kadiatou Bah qui était à Cona-Cris pour des vacances et El hadj Oury Bah ont été inhumés le jeudi 24 août, après la prière de 14 heures au cimetière de Dar-es-Salam.

En savoir plus...
S'abonner à ce flux RSS

A propos

Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

Sections

Archives

« Août 2018 »
Lun Mar Mer Jeu Mer Sam Dim
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31