Faya et les sélections Communales : « L’Etat a manqué à son devoir républicain »

Faya et les sélections Communales : « L’Etat a manqué à son devoir républicain »

A l’occasion de la célébration différée du cinquième anniversaire de sa formation politique, le Bloc Libéral, Dr. Faya Maxi-mono a animé un point de stress à son siège le 12 février. Il a commencé son laïus par souhaiter à tous les militants du parti un joyeux anniversaire. Ensuite, il a déploré les incidents qu’enregistre le bled depuis le lendemain des élections communales du 4 février. « Nous sommes dans un processus électoral qui n’est pas terminé, mais on a déjà enregistré beaucoup de pertes en vie humaine. Je profite de cette occasion pour présenter les condoléances les plus attristés aux familles des victimes. Je souhaite que l’âme des victimes repose en paix. Au nom du Bloc Liberal, je condamne ces violences d’où qu’elles viennent. Je condamne par la même occasion tout discours ethniciste comme nous en entendons par les temps qui courent ».

Le recours à la race ou à l’ethnie est le propre des âmes faibles et des incompétents. Dr Faya en appelle au sens de responsabilité des uns et des autres. « J’en appelle à la paix mais j’en appelle surtout à la justice car c’est par la justice qu’on aide à la construction de la paix». Contrairement aux vœux des leaders politiques, cette élection a été émaillée de beaucoup d’irrégularités. Pour Dr. Faya, le responsable de ses irrégularités est d’abord la CENI, au niveau central comme au niveau local. « Elle est complice des fraudes constatées et responsable des violences que nous déplorons déjà ». Le deuxième responsable de l’échec de ces élections, c’est notre Gouvernement. « Nous sommes une république qui est régie par une constitution, régie par les lois. En violation de l’art 26 de notre constitution, nous avons vécu l’arrêt de toute activité du Gouvernement pour aller en campagne à l’intérieur du pays avec les biens et l’argent de l’Etat. Il faut dénoncer et condamner avec force cela, parce que c’est de nature à nous empêcher de réaliser le rêve d’une société libre et démocratique ». Il se dit déçu par le comportement des cadres guinéens et « les élections telles que nous les avons vécues sont inéquitables. Les uns ont utilisé ce qui nous appartient à nous tous, et nous autres avons compté uniquement sur les maigres moyens dont nous disposions. Malgré tout, ils sont encore troublés par ce que les résultats ont donné ». Le troisième responsable, c’est l’appareil judiciaire. Comme toujours, il manque à son devoir républicain. « Le bloc Liberal comme beaucoup d’autres entités d’ailleurs, est victime de délits de justice dans plusieurs circonscriptions : le cas de Yomou, Lola et Gueckedou. C’est des choses que nous continuerons à dénoncer avec force. A plusieurs reprises, j’ai appelé le ministre d’Etat en charge de la Justice, pour porter à sa connaissance le comportement irresponsable anti républicain de ceux qu’on appelle abusivement les magistrats. Parce que quand un magistrat ne peut interpréter la loi il n’est qu’un criminel en puissance. Ce sont eux les responsables de toutes les violences que nous sommes en train de vivre aujourd’hui dans notre pays ».

L’autre responsable des violences auxquelles fait face le peuple guinéen présentement, c’est l’irresponsabilité des acteurs qui s’adressent au peuple de Guinée par la voix des ondes. C’est-à-dire les discours haineux qui ne sont pas dignes des hommes politiques ou acteurs sociaux responsables. « On n’a pas besoin de cultiver la haine ou de rappeler que nous sommes des ethnies différentes. Nous sommes peut-être de plusieurs ethnies, de confessions religieuses différentes, de plusieurs régions du pays, mais nous appartenons tous à la Guinée, que nous devons construire parce que nous sommes condamnés à vivre ensemble dans l’harmonie sinon nous allons tous mourir comme des idiots » lance-t-il. « Nous condamnons ces discours et interpellons l’Etat de prendre des dispositions parce que ses discours c’est d’abord les acteurs proches du pouvoir qui les tiennent. Parce que ce sont eux qui bénéficient de l’impunité la plus totale depuis pratiquement que ce pays existe. D’ailleurs c’est ce qui encourage les autres à semer cette haine », souligne-t-il.

Pour le Bloc Libéral, l’abstention a été la plus grande gagnante dans cette élection. Le constat malheureux, c’est que les Guinéens dans leur grande majorité ont boudé ce scrutin. D’ailleurs, cette attitude des populations doit interpeller chacun. Et ce qui a été le plus choquant « c’est lorsque certaines personnes ont voulu masquer ce mécontentement des Guinéens en s’adonnant à des bourrages d’urnes comme pour complètement fausser cette donne fondamentale qui confère la légitimité à ceux et celles qui seront à la tête de nos communes », dénonce Maxi-mono.

Pour terminer, le président du Bloc Liberal a exhorté la justice guinéenne à commencer, pour une fois, à redorer son blason, car selon lui, tout le peuple est déçu d’elle.

Dernière modification lemardi, 13 février 2018 19:27
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Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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