Contentieux électoral de Matoto : Kalémodou Yansané cogne Bouréma Condé

Contentieux électoral de Matoto : Kalémodou Yansané cogne Bouréma Condé

Une année après l'organisation des sélections communales, les exécutifs communaux peinent toujours à être installés dans certaines circonscriptions du bled. Le plus souvent le régime grimpant du Prési Alpha Condé ne commence l'installation des élus d'une circonscription qu'après s'être assuré de l'avoir rallié à sa cause. Cela n'a pas toujours fonctionné cependant, notamment dans la capitale Cona-cris où le RPG arc-en-ciel a définitivement mordu la poussière dans quatre communes sur cinq ( Kaloum, Matam, Dixinn et Ratoma). Il tente désormais d'arracher la mairie de Matoto (la seule qui reste) à l'UFDG, malgré la victoire annoncée de Kalémodou Yansané, le 15 décembre au détriment de Mamadouba Toss Camara. Et annulée par le "tout puissant" Bouréma Condé de l'Administration du trottoir et de la décentralisation. Depuis, l'UFDG, la Petite Cellule et Kalémodou en tête, tente comme elle peut de résister. Militants et responsables du parti disent à qui veut l'entendre qu'il est hors de question de reprendre l'élection du maire dans cette commune. Le parti a d'ailleurs introduit une requête à la Cour suprême pour l'annulation de la décision du mystère de l'Administration du trottoir. Ce 26 janvier, Kalémodou Yansané qui a présidé l'Assemblée générale a donné des précisions : « Nous avons effectivement saisi la cour suprême. Mais pas pour le contentieux électoral. Nous n'avons pas de contentieux en ce qui concerne l'élection du maire de Matoto. Le seul maire c'est Kalémodou Yansané. Celui qui n'est pas d'accord n'a qu'à aller auprès du juge électoral à Mafanco. Nous nous avons porté plainte à la cour suprême contre l'abus, la déclaration, la décision administrative du ministre ».

Malgré ce recours de l'UFDG, Bouréma Condé a annoncé la reprise dans les prochains jours de l'élection de l'exécutif communal de Matoto. Pour Kalémodou Yansané, le ministre est dans le mensonge depuis les premières heures de cette crise : « Ce qu'il a dit a la télévision nationale, nous protestons contre ça parce qu'il a raconté des contrevérités. Il dit que des individus sont rentrés dans la salle pou déchirer les bulletins, casser l'urne, ce n'est pas vrai. Celui qui a déchiré les papiers s'appelle Balla Moussa Keïta. Il était à la loge officielle, il tenait le registre des PV. Il a agi pour ne pas que le processus arrive à son terme. Le ministre dit que la Police n'a pas identifié les auteurs, c'est faux. L'auteur a été arrêté, placé en garde à vue, avant d'être libéré le soir. Alors soit le ministre ment, soit il s'est laissé tromper par les cadres qui l'ont représenté. Nous lui avons demandé de retirer ce qu'il a dit, il n'a pas répondu. Nous lui avons dit de prendre un acte administratif pour notifier sa décision, il a refusé parce qu'il sait qu'il sera obligé de se référer à un article d'une loi. Et comme aucune loi ne lui confère ce privilège, il n'a pas eu le courage de nous répondre. Cest pourquoi nous avons saisi la cour suprême ». La Cour suprême pourrait rendre sa décision le 31 janvier prochain.

Yacine Diallo

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Le Lynx est un journal hebdomadaire satirique guinéen inspiré par le Canard enchaîné français. L'une de ses marques de fabrique est l'attribution de sobriquets à tous les acteurs politiques guinéens (« Fory Coco » pour Lansana Conté, par exemple, ou « Alpha Grimpeur » pour Alpha Condé). Fondé en 1992 par Souleymane Diallo, il a résisté aux censures, pressions et arrestations, arborant à son fronton deux citations : l'une de Lansana Conté : « Je n'ai pas peur des critiques», l'autre d'Arthur Koestler : « L'histoire se fiche pas mal que vous vous rongiez les ongles ». Le lynx est aujourd’hui la référence numéro 1 en Guinée dans la presse écrite.

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